Interview de Gilles Demarquet - Président Apel National

Gilles Demarquet, président national de l'Apel, est interviewé sur Parcoursup (wwwlefigaro)

Sur Parcoursup, les bacheliers des lycées privés sont-ils discriminés?

LA VÉRIFICATION - Depuis le 19 mai, Parcoursup égraine chaque jour ses résultats d’admission. Mais de nombreux lycéens du privé se plaignent d’être ignorés par les établissements sélectifs de l’Enseignement supérieur public.
Par Sophie de Tarlé

LA QUESTION. C’est une question insidieuse qui revient dans la bouche des familles dont l’enfant est scolarisé en lycée privé. Les cursus sélectifs publics ne pratiqueraient-ils pas une discrimination visant les bacheliers des lycées privés? La première chose est de savoir si le site Parcoursup laisse voir le lycée d’origine du candidat. La réponse est oui.
Pourtant, en 2019, dans un bilan d’étape de la plateforme Parcoursup, la Cour des comptes réclamait l’anonymisation du lycée d’origine, demandant d’y substituer une mesure de l’écart entre les résultats au bac et la notation du contrôle continu. Ce qui permettrait de tenir compte des différences de notation de chaque établissement sans pour autant connaître le nom du lycée, ni la ville d’origine. Mais devant la levée de boucliers des enseignants des classes préparatoires, la mesure n’a finalement pas été adoptée. Alors, connaissant l’origine des candidats, les établissements du public discriminent-ils les élèves du privé?

VÉRIFIONS. Pour Mourad Kchouk, proviseur adjoint des classes préparatoires du lycée public Janson de Sailly à Paris, ce n’est absolument pas le cas. «Les familles me posent systématiquement la question», reconnaît-il volontiers. Toutefois, je peux assurer que parmi les 672 élèves que nous acceptons chaque année (pour 25 000 candidats), nous prenons sans difficulté des élèves issus de Saint-Jean de Passy, Franklin, Daniélou, Saint Dominique à Neuilly, La Rochefoucauld, Stanislas... Et nous venons régulièrement aux forums organisés par ces établissements. Ce sont d’excellents élèves qui réussissent très bien».

Les classes préparatoires publiques connaissent le niveau de nos élèves
François Jubert, directeur du lycée Stanislas à Paris

À propos de la notation plus sévère de ces lycées, qui pourrait porter préjudice aux candidats du privé, Mourad Kchouk assure en tenir compte dans la sélection. «Nous mettons des bonus en fonction du lycée d’origine, en regardant le taux de réussite, le taux de mentions très bien, l’historique de l’établissement». Erik Lambert, professeur d’histoire-géo à Notre-Dame de la Providence à Vincennes, confirme: «Quand les établissements nous connaissent, la sévérité de la notation ne joue pas. C’est pourquoi, nous faisons régulièrement le tour des prépas afin de faire connaître notre établissement». François Jubert, directeur du lycée Stanislas à Paris, est du même avis: «Les classes préparatoires publiques connaissent le niveau de nos élèves et les prennent sans difficulté, il n’y a pas de malus pour les élèves du privé».

Pour l’admission en prépa, la note a moins d’importance que le positionnement dans la classe, la progression, ou encore les appréciations. «Un élève qui est premier avec 13 sera privilégié par rapport à un autre qui est 25ème avec 16 de moyenne», note François Jubert. Mourad Kchouk, du lycée Janson de Sailly, précise aussi: «L’avis du professeur principal joue aussi beaucoup. Si je lis, ‘excellent élève, mais a un problème en analyse’, je mettrai des réserves à son admission».
Difficile de sortir du lot quand on est en milieu de classe

L’importance du rang n’est pas sans inconvénients quand on est scolarisé dans un lycée où plus de 60 % de la classe obtient une mention très bien. Dans un système qui privilégie le rang dans la classe, un élève classé au-delà du 15ème peut être facilement écarté des grandes prépa parisiennes, même s’il obtient ensuite 17/20 au bac. Jean, dont la fille était à Franklin à Paris, estime en avoir fait les frais. «Classée 18ème, ma fille passait sous les radars des grandes prépa parisiennes comme Janson. Acceptée à Fénelon Sainte-Marie, une prépa privée, j’ai préféré l’envoyer à l’étranger à l’EPFL en Suisse, où elle a été admise sans problème grâce à sa mention très bien». A contrario, Éléonore, scolarisée en ES dans un lycée privé hors contrat, Saint Dominique au Pecq (78), a obtenu tous ses vœux (IUT, licences, prépa littéraire). Avec 14/20 de moyenne générale, son excellent classement, troisième dans une classe de dix, a joué en sa faveur.

« Nous aimerions une plus grande clarté sur les critères pour que le jeune puisse se positionner »
Gilles Demarquet, président de l’Apel

De plus, les classes préparatoires doivent prendre des élèves issus d’un maximum de lycées différents, parisiens comme provinciaux et même de plus en plus à l’étranger, afin de favoriser la diversité sociale et géographique. «Enfin, ajoute Mourad Kchouk, si les meilleurs lycées obtiennent des bonus, nous mettons des bonus aussi aux lycéens particulièrement méritants car nous avons aussi un objectif de promotion sociale. Et c’est culturel à Janson, nous prenons aussi beaucoup d’élèves de l’étranger». Gilles Demarquet, président de l’Apel (association des parents de l’enseignement libre), note toutefois que les critères d’évaluation devraient être moins opaques. «Il y a des attendus qui pourraient être plus précis, la part du bulletin, la part des appréciations. Nous aimerions une plus grande clarté sur les critères, pour que le jeune puisse se positionner».
Les Instituts d’études politiques concentrent les critiques

Mais plus que les prépas publiques, ce sont les IEP (Instituts d’études politiques) qui concentrent le plus de critiques cette année. Un phénomène que reconnaît volontiers Gilles Demarquet. «Beaucoup de candidats qui auraient sans doute été pris au concours, ne l’ont pas été en raison de la sélection sur dossier imposé par la crise du coronavirus». Erik Lambert, professeur à la Providence à Vincennes, fait le même constat: «Nous n’avons eu aucun admis dans les IEP de province, même pas sur liste d’attente». Premier de la classe, Maxence, élève en ES à La Providence à Vincennes, ne comprend toujours pas comment il a pu être recalé à Sciences Po Bordeaux. Admis à Saint-Michel de Picpus, une prépa privée, il envisage d’étudier à Montréal.

Pour François Jubert, de Stanislas, il y a un vrai problème avec les IEP cette année comme dans les Insa et les UT (Universités de technologie) d’ailleurs. Interrogé sur les critères retenus par les IEP cette année, Pierre Mathiot, directeur de l’IEP de Lille, nous répond sans fards: «Nous avons en effet reçu beaucoup de réclamations de la part des lycées privés mais aussi des lycées publics de centre-ville et des prépas. Je peux certifier qu’il n’y a aucune volonté de notre part de discriminer le privé. En effet, c’est un algorithme qui classe les 10.000 candidats en fonction notamment des notes de première et terminale», répond le directeur de l’établissement. Selon lui, rien ne prouve que les élèves issus du privé soient moins nombreux à avoir été acceptés dans son IEP cette année. «Il faudra attendre les résultats définitifs pour le savoir. Toutefois, dès lors que ce classement se fait sur les notes obtenues au lycée, il n’est pas étonnant que les élèves des lycées qui notent plus sec qu’ailleurs soient moins bien classés. Nous ne faisons aucune différence entre les établissements», ajoute-t-il. Aucune différence entre les établissements? C’est bien là le problème, car il est bien connu que les écoles privées notent bien plus sec que les autres.

Finalement, la réforme du bac, dont Pierre Mathiot est le créateur, pourrait changer le mode de notation dans les écoles privées. «Je travaille depuis trois ans avec les professeurs sur la valeur des notes, afin qu’elles se rapprochent des notes du bac», nous explique Marie-Astrid Courtoux-Escolle, directrice du lycée privé Saint-Michel de Picpus à Paris. 

Gilles Demarquet président de l’Apel, nous confirme cette évolution opérée par la plupart des établissements privés, et qui pourra contribuer dans les années qui viennent à mieux les mettre en valeur sur Parcoursup.

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